23 août 2023 à 16:12
Ulysse, Malo, Martin, Marie... et beaucoup d'autres
Vendredi 11 août 2023 – 8h30 – Salle de rédaction.
C'est un rédacteur en chef irrité et inquiet qui se tient face à sa rédaction dont je fais partie.
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Bon, je n'irai pas par 4 chemins. La situation du « P'tit mentoux » est critique. La version numérique est un fiasco sans nom et si vous voulez continuer à écrire vos conneries, il va falloir vous sortir les doigts du derrière , si vous voyez ce que je veux dire. Alors quelqu'un a-t-il une idée ?
Sans la moindre hésitation, je lève la main.
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C'est bientôt la fête du 15 août à Ruffiac. Je veux bien me dévouer pour y aller.
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C'est vrai que tes articles représentent les 15 meilleures ventes du journal, GF, mais tu n'as pas peur que les lecteurs pensent que ça va faire un peu réchauffé ? Tu vas encore nous parler des centres ratés de Florian qui se transforment en but ?
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Pas du tout, aucun risque, il se dore la pilule en Corse, le jeune papa (félicitations d'ailleurs à la maman, au papa et bienvenue au nouveau-né).
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Du coup, tu vas essayer de faire rire le lecteur avec les passes à 2 mètres ratées de François...
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Je l'aurai sûrement fait s'il avait été là mais il est également en vacances dans le sud de la France avec femme et enfants.
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Et tu ne parleras pas non plus des boulettes de Marc le gardien ?
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Bon, ça c'est plus difficile parce que c'est tellement rigolo, régulier et inévitable mais je promets de ne pas parler directement de foot dans l'article. Je pensais plutôt à une immersion au cœur du 15 août du matin jusqu'au bout de la nuit ou presque.
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Ouais, ça va faire un paquet d'heures sups tout ça...
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Peut-être mais pensez aux retombées pour le journal, chef.
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Je vais y réfléchir.
Mes arguments semblent avoir convaincu le rédacteur en chef. Le 15 août, à 9h00, je suis donc au volant de ma Renault R30 en direction de Ruffiac et de son magnifique complexe sportif pour participer au traditionnel « coupage des tripes », moment convivial s'il en est. À mon arrivée, je fais le tour des tables pour saluer les personnes déjà au boulot, ce qui bien sûr incite certains à me traiter de fainéant, pensant que la seule raison qui me pousse à serrer tant de paluches est de retarder ma mise au travail. Pour ceux qui voudraient venir couper les tripes l'an prochain, il faut savoir qu'il y a 2 écoles : soit on serre la main de tout le monde et on se fait traiter de fainéant, soit on se place directement à table et on est perçu comme un p'tit merdeux, un malpoli. À vous de choisir ! Moi, j'ai choisi. Après mon tour de table, je m'installe donc à table, couteau en main face à T... G..., qui me demande de ne pas citer son nom dans mon article, me disant qu'il est là en tant que citoyen lambda et non en tant que maire de Ruffiac. Bien sûr, je lui promets de ne pas citer son nom, c'est la moindre des choses. Nous commençons donc notre sympathique besogne. Besogne, car c'est un vrai travail. Sympathique certes, car l'ambiance est vraiment excellente, avec un nombre de conneries énoncées à la minute très impressionnant et notamment un Aodrenn très en forme, possiblement dû à des restes de la soirée de la veille, mais travail quand même... Je dois d'ailleurs avouer que mon rendement de coupe n'est pas très élevé en ce milieu de matinée. Je suis en effet subjugué (le mot n'est pas trop fort) par l'efficacité de T... G..., vous savez le maire de Ruffiac qui ne veut pas que son nom paraisse dans l'article, qui découpe plus de fricassée que quiconque mais il le fait en regardant la personne à qui il parle, c'est à dire sans regarder ce qu'il coupe. Incroyable ! Alors certes, il exerce le métier de cuisinier (en plus de sa fonction de maire) mais tout de même, quelle dextérité ! Quand on pense qu'il a fini .... par se couper en lavant son couteau après le découpage des tripes. C'est un comble et pourtant c'est la vérité, foi de journaliste d'investigation ! Toujours est-il qu'à 11h30 pétantes, les tripes sont coupées, les carottes grattées et les oignons prêts à nous faire péter. Après un léger apéro (si, si, léger) et avoir obtenu un sésame pour vivre en immersion la soirée en tant que serveur à la buvette, je rentre chez moi à 13h45 (oui, je sais, ça fait un peu tard) débriefer la matinée avec mes proches toujours inquiets pour ma sécurité quand je pars en reportage (pas facile pour les proches de vivre avec un journaliste d'investigation aussi investi et incorruptible que je peux l'être, et de ce fait constamment en danger) et faire une petite sieste bien méritée (si, si méritée). J'en profite également pour réserver par téléphone une chambre rue du Sacré Cœur pour la nuit à venir et à 18h15, je suis de retour rue du stade. J'avais en effet décidé de ne pas assister au match amical de l'après-midi, ayant promis à mon rédacteur de ne pas parler de foot dans l'article (autant donc ne pas voir le match) et ayant surtout peur de ne pas pouvoir participer à la soirée si je m'asseyais dès 14h à la Tribuvette... Je suis un monstre de volonté, certes, mais je reste un être humain avec ses failles. C'est malgré tout toujours un sacrifice de ne pas voir les joueurs de RMF courir après un ballon surtout quand ils ne sont pas encore en forme. Qu'est-ce qu'ils peuvent nous faire rire dans ces cas là ! Guillaume H. et ses transversales ratées par exemple. Comme me disait en off un de ses coéquipiers : « Ça fait 2 ans qu'il n'a plus de jambes, v'là maintenant qu'il n'a plus de pied ! Y'a qu'à la buvette qu'il progresse encore ». Quiconque étant resté tard ce 15 août ne pourra qu'être d'accord avec cette dernière phrase. Bonne saison quand même Guillaume... ainsi qu'à tous les joueurs du club et au nouveau coach Maxime à qui je souhaite la bienvenue et une longue et belle période d’entraîneur sur le banc de notre club de cœur à tous. Nous sommes sûrs que tu vas parfaitement guider tous ces p'tits hommes verts et ainsi enflammer et enivrer les dimanches après-midis de nombreux supporters. Vous noterez, chers lecteurs et si chères lectrices (sachez que vous aussi, vous m'avez manqué), la chaleur de mon accueil à Maxime. Je profite de ce moment pour rappeler à Poy, notre si bon président, qu'il m 'a promis un joli petit billet si je ne taquinais pas le nouveau coach dans un article au début de son mandat. Je crois que j' ai tenu parole et espère ne pas attendre trop longtemps ma récompense....
Bon, je m'égare, je m'égare. Il est donc 18h15 quand j'entre dans la buvette et découvre les autres serveurs et serveuses du soir : Ulysse, Malo, Martin, Marie, Nico, Alain, Jean-Paul, Fab (j'espère n'oublier personne). Alors, vous allez me dire : « Eh mais GF, tu as oublié Marc-Alban et JF ! Cela ne te ressemble pas, toi qui est si pointilleux et précis». Je répondrai à ces personnes que j'ai parlé des serveurs et serveuses. Et peut-on considérer Marc Alban et JF comme des serveurs ? On peut se poser la question. Alors certes, le premier nommé a servi quelques verres, c'est vrai, mais sans doute pas autant qu'il n'a vendu de tracteurs dans la soirée. Un commercial reste un commercial et pour vendre un tracteur, il faut passer du temps avec le client. Donc Marc-Alban était physiquement présent mais pas beaucoup au boulot. J'espère que ce comportement ne va pas faire des émules. J'ai quelques doutes. Je citerai ici Fab par exemple me disant : « Si c'est ça, l'année prochaine, je passe ma soirée à vendre des couronnes et des bridges ». Ou encore Nico : « Si j'avais su, j'aurais amené mon catalogue de carrelage ». Mais bon, l'accusé a eu le mérite de servir quelques verres (pas autant qu'il n'en a bus, certes, ...), ce qui n'est pas le cas de JF, nommé, chef de buvette depuis quelques années déjà. Et on peut dire que c'est un rôle qu'il maîtrise à merveille et de mieux en mieux, le bougre ! Toujours accoudé au bar avec un client ! Alors quand je dis toujours, j'exagère. Il m'est arrivé plusieurs fois de venir vers lui pour dire qu'il n'y avait plus de blanc ou de rosé dans la chambre froide, provoquant chez lui systématiquement la même réponse « Ok, je vais voir dans la réserve ». 15 minutes plus tard (au bas mot), notre homme revenait, collerette blanche ou rouge autour des lèvres, pour s'accouder (coude gauche, toujours le coude gauche) avec un nouveau client. Je venais alors aux nouvelles pour m'entendre répondre à chaque fois « Mince, j'ai oublié de regarder, j'y retourne ! ». Alors attention, je ne dis pas que JF ne sert à rien, bien au contraire. D'ailleurs, si je venais à le sous-entendre, je risquerais une nouvelle fois de ne pas être invité au repas des bénévoles. Et puis, vu le nombre de verres qu'il s'est fait payer, il a fait rentrer beaucoup d'argent dans les caisses du club, participant grandement au chiffre record de cette édition.
Car oui, cette édition du 15 août a battu de nouveaux records avec plus de 1650 convives et un magnifique feu d'artifice. Et que dire de l'ambiance ! Ouah, ouah, ouah !!!! J'ai passé une nouvelle fois une superbe journée en compagnie de personnes formidables. Bravo à tous les bénévoles avec une mention spéciale pour les tourneurs de bouillottes qui se brûlent les mollets (n'est-ce pas Philippe, qui s'est de plus aperçu que ça donne soif de tourner les tripes, hi, hi, hi...) une bonne partie de la journée pour que de délicieuses tripes, pommes de terre ou assiettes de bœuf gros sel puissent être servies avec le sourire le soir. Je n'aurai qu'une chose à dire pour conclure : VIVEMENT L'ANNÉE PROCHAINE !!!!!!!
GF


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