16 août 2024 à 19:58
C'était bien, c'était chouette ...
Lundi 12 août 2024.
C’est un GF plus qu’un tantinet agacé qui pianote de la main droite sur son bureau en formica, la main gauche étant occupée à tenir son Mont Blanc. Alors attention, quand je dis Mont Blanc, je ne parle pas du sommet des Alpes haut de 4807 mètres comme me l’a appris madame Lejalé à l’école. Non, non, rien à voir ! Et puis d’ailleurs, il ne passerait pas dans ma main. Je ne parle pas non plus du fameux stylo qui me fait rêver mais reste malheureusement au dessus de mes maigres moyens de journaliste d’investigation au niveau local. Non, je parle bien de la crème dessert qui me tient souvent compagnie lorsque je suis en phase de réflexion. Alors moi, je suis plutôt vanille en grand format. Je préfère ce parfum à ceux du chocolat et du caramel. Ben oui, chacun ces goûts. Mais je m’égare et vous entends presque me dire, chers lecteurs et si chères lectrices : « Le passage sur le Mont Blanc, est, comme tout ce que tu écris, très intéressant mais dis-nous vite pourquoi tu es agacé parce que là, on s’inquiète vachement beaucoup. » Et comme je suis un journaliste qui écoute ses lecteurs et lectrices, je m’exécute.
Tout commence par un message vocal reçu quelques heures plus tôt sur mon Nokia 3310. Je vous le retranscris : « Salut GF. Pourrais-tu me rappeler dès que ton emploi du temps le permet, c’est à dire sans doute dans les 5 minutes ? Merci. Anthony P., président de RMF pour encore de nombreuses années. » Quelque peu perplexe, à mi-chemin entre l’excitation (aurais-je droit à une carte de presse pour la saison à venir?) et l’inquiétude (aurais-je écrit quelque chose d’inexact dans un article précédent? Non, c’est impossible), je décide de rappeler le président.
- Tuuuuuuuuuuut, Tuuuuuuuuuuut, Tuuuuuuuuuuut (vous aurez reconnu le bruit de la sonnerie du portable du président).
- Oui, allo, Anthony Poyac à l’appareil.
- Ouais, salut Poy, c’est GF.
- Bonjour GF. Je me permets de te rappeler que dans le cadre professionnel, je te demande de m’appeler monsieur le président.
- Ok, Poy.
- Monsieur le président. Bon, j’attendais ton appel. J’ai une nouvelle à t’annoncer, une nouvelle qui ne va sans doute pas te faire plaisir.
- Ah ? Et de quoi s’agit-il, Poy ?
- Monsieur le président ! Bon, tu n’es pas sans savoir que le club évolue sans cesse avec des résultats chaque année en progression, surtout depuis que je suis devenu président.
- Et ?
- Je voulais tout d’abord te remercier pour les articles écrits depuis de si longues années.
- Et ?
- Qu’est-ce qu’on a tous bien rigolé en les lisant, hein ?
- Et ?
- Mais bon……… Ça reste de l’information locale.
- Et ?
- Il est temps pour le club de prendre une dimension plus internationale, si tu vois ce que je veux dire.
- Non, je ne vois pas trop, Poy.
- Monsieur le président ! Et bien, dans ce cadre, on a contacté Bein Sport qui a accepté de suivre le club l’an prochain. Mais en échange, il nous a été demandé une exclusivité totale. Donc exit GF. Tu te rends compte, on va parler de nous dans le monde entier.
- Mais moi, je te fais de l’international quand tu veux. Tu veux un exemple, Poy ?
- Monsieur le président ! Oui, je voudrais bien un exemple, tiens.
- Ok. Écoute ça ! “去果嶺”
- Et ça veut dire quoi ?
- « Allez les verts » en chinois traditionnel. T’en veux un autre ?
- Pourquoi pas.
- « Två öl, tack. » Ça veut dire « 2 bières, s’il te plait » en suédois.
- Ah.
-Tiens, écoute celui-ci :« Ko te tangata e kore e peke he RMF ». Ça signifie « Qui ne saute pas n’est pas RMF » en maori. Impressionnant non ? Tu voulais de l’international, je t’offre de l’international, Poy.
- Monsieur le président ! Ne rends pas les choses plus difficiles qu’elles ne le sont, GF. Je vois que tu maîtrises très bien google traduction mais…
- Google traduction ! N’importe quoi !
- Écoute GF, ma décision est prise. Ton temps est passé, il est temps de laisser la place aux jeunes. Et pour te dire que ça n’a rien de personnel, j’aimerais t’inviter à la fête du 15 août pour que tu humes une dernière fois cette atmosphère si spéciale. Une place t’attend comme serveur à la buvette. Et après, du balai !
- Quoi, tu crois, qu’après ce que tu viens de m’annoncer, je vais te faire le plaisir de venir bosser à la fricassée ? Alors là, tu me connais mal, j’ai ma fierté, Poy !
- Monsieur le président !
Jeudi 15 août – 8h45.
C’est un journaliste remonté comme une pendule et un couteau à la main qui sort de sa voiture pour se rendre d’un pas décidé vers les tables déjà installées. (J’entends d’ici certaines mauvaises langues parmi mes lecteurs : « Oh ben finalement, il est venu GF. Aucune personnalité dans le fond ce journaliste. » À ceux là, je dis : « C’est celui qui dit qui est ». (Un peu puéril, je l’admets mais je n’ai trouvé que ça.) Alors, attention, je rassure immédiatement ceux qui pensent assister à un meurtre en lisant les lignes à venir. Que nenni ! Si j’ai un couteau à la main, c’est juste pour aider à la découpe des tripes et non pour trucider qui que soit. La matinée se passe comme chaque matin de 15 août ou presque, c’est à dire dans une bonne humeur communicative qui me fait presque oublier que c’est peut-être la dernière fois que je participe à cette presque cérémonie. Situation que me rappelle régulièrement le dénommé Jojo dont la seule activité en cette matinée ensoleillée semble être de proposer un verre de rosé de temps en temps aux coupeurs, verre que je refuse pour ma part, malgré ses incitations verbales accompagnées d’un rire sarcastique : « Tu devrais en prendre un, c’est gratuit et c’est peut-être la dernière fois que le club t’offre quelque chose ». J’ai du mal à comprendre cette agressivité verbale, surtout venant d’une personne que j’ai toujours soutenue (ou presque) dans mes articles. Mais bon la nature humaine est ainsi faite. Heureusement, la bienveillance et les paroles réconfortantes de certains me donnent du baume au cœur et m’aident à affronter les regards moqueurs du président et de l’ex-président. Et puis surtout, les paroles de plusieurs personnes, notamment de joueurs présents, me laissent à penser que tout espoir n’est peut-être pas perdu. Quelles paroles ? Les voici. « On est avec toi GF ! », « On prépare un truc pour ce soir », « Tu bois quelque chose ? ». Même le dénommé Chapo y va de son petit couplet, que je n’arrive pas à interpréter comme étant un message codé ou au contraire simplement une information. Quel message ? Un peu de patience, le voici. Lorsque je lui demande comment il se sent, il me répond simplement « Bof. Pas terrible au niveau gastrique. Je sors à peine du caca qui décoince et j’attends avec impatience le caca qui soulage ». Dur à interpréter, vous en conviendrez, mais une certitude malgré tout : Chapo est un poète. En tout cas, vivement ce soir.
Jeudi 15 août – 18h15 (jusqu’à 2h45).
C’est un homme au moral regonflé qui fait sa 2ème apparition (et peut-être dernière…) sur le site de la 56ème fricassée du 15 août. Comme chaque année, j’officie en tant que serveur à la buvette sous les ordres de chef JF comme il aime être appelé. Un chef qui a encore progressé par rapport à l’édition précédente puisqu’on a passé plus de temps dans la soirée à se demander où il était qu’à le voir servir. Mais il est comme ça notre chef et c’est comme ça qu’on l’aime, chef JF. Et puis, il change super bien les fûts, le chef. C’est le Lucky Luke du changement de fût, chef JF. Et heureusement parce que vu la foule présente, il faut être réactif. Encore un immense succès, cette édition. Plus de 1730 tickets repas vendus, rendez-vous compte ! Et nous, à la buvette, on n’était pas trop de 10 pour éviter que nos clients ne meurent de soif, et ce jusque tard dans la nuit. Quant à moi et ma situation, elle a pris un tournant inattendu en toute fin de ma soirée. Sur le point de partir, harassé par le travail effectué, j’entends les formidables bénévoles chantant debout sur les bancs. Tendant l’oreille, j’ai peine à croire ce que j’entends. Je m’approche donc pour vérifier si je ne fabule pas un petit peu. Mais non, c’est bien ça. Une immense émotion me saisit soudain provoquant même une réaction de mes glandes lacrymales, c’est vous dire. Que chantent-ils donc, pensez-vous ? Je suis encore tellement ému que j’ai du mal à écrire. Meeeessss mmmaaaiiiinnnsss tttrreemmbbbleeenntttt mmaaaisss jjjeee vvaaaiisss rrréééuussiirrr, pppour vvouss, pourr eux : ♫ Pas de RMF sans GF, pas de RMF sans GF, pas de RMF sans GF, pas de RMF sans GF, ...♫. Ils ont réussi à faire une rime en plus, chose quasi impensable quand on en connaît certains. Je peux partir la tête haute, bombant le torse en passant près de Poy et Jojo qui me toisent du regard en me disant : « T’as gagné une bataille, mais la guerre n’est pas finie ».
Affaire à suivre. Quant à ceux et celles, et je sais qu’ils sont nombreux et nombreuses, qui espéraient avoir une réponse à la question essentielle de cet article, je ne peux malheureusement pas accéder à leur requête. Impossible en effet de savoir si Chapo est soulagé ou non.
GF
2 petites choses pour terminer :
- Cette 56ème édition a été un formidable succès grâce au travail des nombreux bénévoles parfaitement encadrés. Un immense bravo à tous, même Poy et Jojo !!!
- J’ai choisi pour illustrer cet article et rendre hommage aux bénévoles qui ont permis et permettent à cette fête d’exister une photo qui commence à dater sur laquelle certains reconnaîtront notamment Marie-Hélène au centre, maman de Gildas, Laurent, Nicolas et Hubert. Marie-Hélène nous a, comme un symbole, quittés en ce 15 août 2024, jour de fête à Ruffiac et événement pour lequel elle a tant de fois oeuvré, entourant notamment les jeunes bénévoles fougueux et insouciants de son attention et de sa bienveillance, leur permettant ainsi de vivre plus pleinement et plus longtemps ces moments heureux et joyeux. Merci pour tout Marie-Hélène. Nous ne t’oublierons pas.


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